Jumelée avec Herschbach en Allemagne

Louis Sellin, un résistant pleudihennais.

10 avril 2017

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En 1943, Louis Sellin prend le commandement de la Gendarmerie de Pleudihen. Déjà résistant dans le maquis morbihannais de Saint-Marcel, il poursuivra à Pleudihen ses actes de résistances. De nombreux Pleudihennais et gens des environs témoignent de son action. Grâce à lui, beaucoup ont évité le STO (Service de Travail Obligatoire) en Allemagne et d’autres ont pu échapper aux rafles. Lui n’échappera malheureusement pas à la déportation. En 1944, il est arrêté par la Gestapo et disparaîtra dans un camp de concentration. A Pleudihen, sa mémoire perdure fièrement et chaque année, à travers lui, nous rendons à la fois hommage aux résistants et aux déportés de la guerre 39-45.

De Névez à Pleudihen en passant par Plouay.

Louis SELLIN est né le 18 novembre 1902 à Névez dans le Finistère. Il entre dans la Gendarmerie en Juillet 1928 à la Garde Républicaine mobile de Brest. Durant la Guerre, il commande la brigade de Plouay dans le Morbihan. Animé d’un ardent patriotisme, il est déjà un résistant actif dans le maquis de Saint-Marcel. En 1943, l’Adjudant SELLIN est affecté à Pleudihen en tant que commandant de la Gendarmerie.

Commandant de la Gendarmerie de Pleudihen sous l’occupation.

En 1943, l’Adjudant SELLIN est affecté à Pleudihen en tant que commandant de la Gendarmerie de 6 ou 7 unités. Là, dès qu’il a connaissance d’informations, il alerte les personnes concernées, Pleudihennais ou habitants de communes voisines, tard le soir ou dans la nuit, afin de leur permettre d’échapper aux rafles ainsi qu’au STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne.

Louis SELLIN, gendarme résistant "Mort pour la France"
Le camps de Neuengamme où décèdera Louis Sellin.

Arrêté par la Gestapo et déporté en 1944.

A la fin avril 1944, il est détaché à la brigade de Callac (22) pour une mission de protection de dépôts de carburants. Le 7 mai, la Gestapo de Saint-Brieuc vient à Pleudihen pour l’arrêter. Son épouse indique qu’elle ignore où il se trouve. Les Allemands menacent alors de la fusiller ainsi que sa fille. Louis SELLIN est arrêté le 22 Mai 1944 à Callac et conduit en direction de Saint-Brieuc puis de Rennes où il restera jusqu’en août. Interné ensuite à Belfort, il est déporté le 1er septembre 1944 au Camp de concentration de Neuengamme près de Hambourg dans le nord de l’Allemagne (Kommando Wilhemhaufen, matricule 43799).

Chevalier de la Légion d’Honneur.

Il est considéré comme disparu depuis le 5 Avril 1945 à l’âge de 42 ans. A cette date, l’adjudant Louis SELLIN est déclaré « Mort pour la France ». Ses cendres ont été transférées au cimetière militaire de Montauville en Meurthe-et-Moselle (54). L’adjudant Louis SELLIN est titulaire de la Médaille Militaire de la Résistance. Décoré de la Croix de Guerre 1939/1945 avec palme, il a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume le 22 Septembre 1953.

Tombe de Louis Sellin au cimetière de Montauville.
« Sur la route de l’exil » Cimetière militaire de Montauville.

Pleudihen lui rend hommage chaque année. 

En 1982, Edmond PLAYOUST, Maire de Pleudihen-sur-Rance, propose au Conseil Municipal d’ériger un Monument en hommage à Louis SELLIN et aux déportés. Il est inauguré le 11 novembre 1982.

En 2019, la municipalité a ajouté un "totem explicatif" à proximité de la Stèle.
Ce monument se situe juste derrière la Mairie de Pleudihen-sur-Rance.

Louis Sellin, un comportement héroïque

1940, la gendarmerie  française aux ordres du Reich allemand…
Force publique à statut militaire dont la mission première est d’assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des lois, la gendarmerie dépend du ministère de la Défense et de la Guerre. Toutefois, elle est aussi chargée de missions civiles pour d’autres ministères, essentiellement intérieur et justice. Très présents dans les campagnes comme en ville, les gendarmes ont alors des missions de police judiciaire, administrative et militaire. La reddition de 1940 puis l’occupation vont plonger cette institution dans la tourmente, l’occupant allemand cherchant à profiter de cette force pour d’autres fins beaucoup moins louables… Il faut rappeler que le traité d’armistice du 22 juin 1940 prévoyait que dans les régions de la France occupée, le Reich exerçait tous les pouvoirs. De plus, sur instruction du Gouvernement de Vichy, l’ensemble des services administratifs français devaient collaborer avec les autorités militaires allemandes.

Pour les gendarmes : un choix difficile entre compromission et renoncement.
Dans une institution où l’on apprend « qu’être un gendarme, c’est avant tout être un militaire qui obéit aux ordres », l’obéissance est un dogme. Ce qui peut apparaître de nos jours comme un acte de vaillance ou de résistance, était bien souvent assimilé durant cette période à un acte honteux de trahison individuelle, qui allait à l’encontre des principes moraux de base et de son engagement initial. En 1940, le manque d’informations et la désinformation associés à l’incertitude de la période ne facilitait pas cette « entrée en résistance » pour des hommes en charge de maintenir l’ordre dans un pays qui vient de subir une débacle. Progressivement, la politique de collaboration de Vichy radicalise les missions (traque des juifs, des réfractaires au STO et des résistants). L’attitude des gendarmes est proche de celle de la population française. Une minorité choisit la voie de la collaboration, parfois justifiée par l’idéologie ou par des perspectives carriéristes. Une grande majorité, attentive, suit l’évolution de la situation. Pour d’autres comme Louis Sellin, ce sera le refus de la défaite et le patriotisme, ils s’engagent alors dans la Résistance.

 

Louis Sellin – lien vers d’autres articles  (EN COURS)
Retrouvez via ce lien.

Last modified: 3 novembre 2019

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